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7. L’Opéra de Pékin: Trois emprunts de l’éventail de bananier

Cette série est conçue comme votre guide personnel pour le Gala d’Opéra de l’Année du Cheval 2026. Elle vous offre les clés pour pénétrer l’univers fascinant de la scène traditionnelle chinoise. À travers une présentation accessible de l’origine, de l’histoire et des caractéristiques artistiques de chaque œuvre, nous souhaitons vous accompagner pour en saisir les nuances et vivre pleinement l’émotion du spectacle. Que vous soyez un connaisseur ou que vous découvrirez l’opéra chinois pour la première fois, ces pages sont votre invitation à une expérience théâtrale unique.

1. Origine de l’œuvre D’où vient cette pièce ?

Trois emprunts de l’éventail de bananier est une pièce traditionnelle de l’Opéra de Pékin, tirée des chapitres 59 à 61 du grand roman classique chinois Le Voyage en Occident (Xiyou Ji) de Wu Cheng’en.

En 1980, la troupe d’Opéra de Pékin de la province du Jilin en a proposé une version révisée à partir de la tradition scénique. En 1982, l’œuvre est portée à l’écran par les studios de cinéma de Changchun et reçoit en 1983 le Prix national du meilleur film d’art lyrique, remportant un large succès en Chine comme à l’étranger.

2. Contexte et intrigue

Trois tentatives, un duel d’intelligence et de force

Sur la route vers l’Ouest, le moine Tang et ses disciples arrivent devant la Montagne de Flammes, où un feu infernal empêche tout passage. Selon un vieil habitant, le seul moyen d’éteindre les flammes est d’emprunter l’éventail de bananier à la Princesse Éventail-de-Fer (Tie Shan Gongzhu).

Pour poursuivre le voyage, Sun Wukong se rend à la grotte de l’Éventail afin de demander l’objet magique. Mais la princesse, gardant rancune à Sun Wukong en raison du conflit qui l’a opposé à son fils, le repousse avec fermeté et l’affronte directement.

Après de multiples épreuves mêlant ruse, métamorphoses et combats, Sun Wukong parvient finalement à obtenir l’éventail, à éteindre les flammes et à libérer les habitants de la région.

Dans le roman, cet épisode est connu sous le nom de « trois emprunts », non comme une répétition, mais comme une progression dramatique :
de l’échange verbal au combat physique, puis à l’affrontement des pouvoirs et de l’intelligence.

Sur scène, l’opéra concentre l’action sur l’opposition entre deux figures fortes :

Sun Wukong, vif, imprévisible et ingénieux ;
 

la Princesse Éventail-de-Fer, noble, puissante et redoutable.
 

C’est dans cette tension entre « prêter ou refuser », entre ruse et force, que la pièce déploie toute sa puissance dramatique.

3. Personnages et types de rôles

Comment s’affrontent-ils sur scène ?

La Princesse Éventail-de-Fer (Wudan-rôle féminin martial, caractérisé par des mouvements dynamiques, précis et puissants)
L’un des personnages féminins les plus impressionnants de l’Opéra de Pékin.
Le rôle de Wudan exige des mouvements précis, rapides et puissants. La princesse allie vigueur martiale et autorité noble, imposant sur scène une présence à la fois élégante et menaçante.

Sun Wukong (Wusheng-rôle masculin martial, mettant l’accent sur l’agilité, la virtuosité physique et la force expressive du corps. / Jeu du singe)
Son interprétation repose sur le principe du « corps et de l’esprit unis ».
Les gestes doivent évoquer le singe sans tomber dans l’imitation, tout en affirmant la stature héroïque du Roi des Singes. Vivacité, agilité et grandeur se combinent dans chaque mouvement.

L’opposition entre ces deux types de rôles, l’un ferme et majestueux, l’autre mobile et rusé, maintient la tension dramatique du début à la fin.

4. Costumes et accessoires

L’alliance du faste et de la puissance

La force visuelle de Trois emprunts de l’éventail de bananier repose sur des contrastes marqués.

La Princesse Éventail-de-Fer (wudan)
Son costume martial est riche et imposant. L’utilisation combinée de doubles épées, de l’éventail et de longs rubans de soie crée une palette gestuelle variée.
Les épées expriment la détermination et la bravoure ; l’éventail symbolise à la fois le statut et le pouvoir ; les rubans, par leurs mouvements amples, prolongent l’énergie du corps et transforment la douceur en force.

Sun Wukong (wusheng / jeu du singe)
Son costume, plus sobre et reconnaissable, met en valeur la clarté des mouvements et l’agilité.
Le bâton magique est l’accessoire central : il accompagne sauts, pirouettes et combats, révélant toute la vivacité et l’esprit indomptable du Roi des Singes.

 

5. Pourquoi cette pièce est-elle fascinante ?

L’intérêt de Trois emprunts de l’éventail de bananier ne réside pas seulement dans l’issue du combat, mais dans le processus de l’affrontement.

Pour la regarder :

  • Les rubans de la princesse servent-ils à repousser ou à se défendre ?
     

  • Les mouvements de Sun Wukong sont-ils une feinte ou une contre-attaque ?
     

  • Après chaque échange, la tension monte-t-elle ou se brise-t-elle ?
     

En prêtant attention à ces détails, on découvre que cette œuvre dépasse le simple récit mythologique : c’est un jeu subtil entre intelligence, puissance et esthétique scénique.

6. Interprètes

Emma Zhao  — Princesse Éventail-de-Fer
Elle étudie l’Opéra de Pékin depuis l’âge de 14 ans auprès de Jiang Shijia  , avec La Fée dispersant des fleurs comme pièce d’initiation.
Elle a participé aux spectacles du Nouvel An organisés par l’Opéra de Pékin du Québec et approfondit cette année le rôle de la Princesse Éventail-de-Fer dans Trois emprunts de l’éventail de bananier.

Victor Zhao — Sun Wukong
Il commence son apprentissage en 2022 auprès de Jing Lianlian, avec Sun Wukong comme rôle d’initiation.
En 2023, il étudie le rôle de Liu Lihua dans San Cha Kou avec Jiang.Shijia
Cette année, il reprend le rôle de Sun Wukong dans Trois emprunts de l’éventail de bananier et a déjà participé à de nombreuses représentations.

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