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  1. Ensemble instrumental :  « Le Banquet de la Concubine Impériale »

Cette série est conçue comme votre guide personnel pour le Gala d’Opéra de l’Année du Cheval 2026. Elle vous offre les clés pour pénétrer l’univers fascinant de la scène traditionnelle chinoise. À travers une présentation accessible de l’origine, de l’histoire et des caractéristiques artistiques de chaque œuvre, nous souhaitons vous accompagner pour en saisir les nuances et vivre pleinement l’émotion du spectacle. Que vous soyez un connaisseur ou que vous découvrirez l’opéra chinois pour la première fois, ces pages sont votre invitation à une expérience théâtrale unique.

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1. Aux sources de la mélodie

 

« Le Banquet de la Concubine Impériale » est un classique incontournable de l’Opéra de Pékin. Son intrigue s’inspire d’un épisode de la cour des Tang, mettant en scène l’empereur Xuanzong et sa favorite, Yuhuan Yang . 

 

Cette œuvre a été fixée et transmise par le grand maître Lanfang Mei , l'un des chanteurs de l'Opéra de Pékin les plus populaires dans l'histoire moderne, devenant l'une des pièces les plus emblématiques du rôle féminin « Qingyi ».

 

Cette version instrumentale extrait les mélodies et la structure des airs vocaux originaux et des interludes, utilisant la musique pure pour recréer le parcours émotionnel et l'essence esthétique de l'opéra.


 

2. Que nous « raconte » cette musique ?

 

La pièce évoque un moment de grande intensité dramatique :Attendant en vain l’empereur au Pavillon des Fleurs,  la favorite Yuhuan Yang apprend que  l’empereur Xuanzong  s’est rendu auprès d’une autre concubine. Blessée et envahie par la déception, la colère et le ressentiment, elle cherche l’oubli dans le vin.

La musique ne décrit pas une fête, mais l’intimité blessée d’une nuit silencieuse : la lune se lève, les coupes sont pleines, mais la place en face reste vide. L’orchestre, en l’absence de paroles, devient narrateur. Il fait entendre l’attente, la déception, et cette ivresse mélancolique où se mêlent dignité et désarroi.

 

3. L’orchestre et la palette des émotions

 

Cette formation puise dans la tradition de l’orchestre de l’Opéra de Pékin, qu’elle enrichit de la sonorité envoûtante du guzheng (cithare chinoise). Chaque instrument y joue un rôle précis :

 

Cet ensemble instrumental utilise la structure traditionnelle de l'orchestre de l'Opéra de Pékin, enrichie par le son du Guzheng (cithare chinoise) :

 

Jinghu

Instrument mélodique principal de l’Opéra de Pékin, au son clair et perçant. Il joue le rôle de la « voix » et guide l’expression émotionnelle de la musique.

 

Jing’erhu

Au timbre plus doux et plus profond, il renforce les registres médium et grave, donnant à la mélodie davantage de chaleur et de relief.

 

Yueqin

Luth à caisse ronde, au son vif et rythmé. Il structure la pulsation et soutient le mouvement des phrases musicales.

 

Zhongruan

Luth à manche moyen, à la fois rythmique et mélodique. Il fait le lien entre les voix aiguës et la basse, assurant l’équilibre de l’ensemble.

 

Guzheng

Cithare chinoise aux sonorités riches et évocatrices, capable de suggérer à la fois l’espace, le mouvement et l’émotion. Dans cette formation, deux guzheng se complètent : l’un enrichit la texture harmonique, l’autre renforce la base grave pour une assise sonore plus stable.

 

4. Le choix d’un style : pourquoi l’« Erhuang » ?


L’Opéra de Pékin s’appuie principalement sur deux grands styles musicaux. Le Xipi est souvent vif et extraverti. L’Erhuang, lui, est introspectif, solennel et d’une grande profondeur lyrique.
C’est ce second style qui innerve « La Concubine Impériale au Banquet ». L’émotion s’y déploie avec lenteur et retenue, non par de grands contrastes, mais par des inflexions subtiles, des respirations et des silences qui parlent plus fort que les notes.

5. Comment goûter cette musique ?

 

Pour apprécier cette pièce, laissez-vous simplement porter. Observez comment la mélodie principale s’élève et retombe comme une respiration, comment l’accompagnement soutient sans jamais étouffer, comment l’émotion glisse doucement de la sereine attente à la résignation tendue.

C’est une musique qui n’a pas besoin de virtuosité tapageuse pour captiver. Elle agit par suggestion et par accumulation. En ouverture de soirée, elle installe d’emblée un univers sonore à la fois paisible, intense et accueillant.

Fermez les yeux. Écoutez. Laissez l’opéra se déployer devant vos oreilles.

 

6. Les artistes

 

Jia Fu – Jinghu

A étudié le Jinghu dès son plus jeune âge. Il a acquis les bases auprès de M. Lou Boyang, maître du Huqin issu de la Troupe d'Opéra de Pékin Xun Huisheng et de l'École d'Opéra de Pékin. Plus tard, il est devenu le disciple de M. Yang Hongjun, petit-fils du grand maître de Jinghu Yang Baozhong et célèbre joueur de Jinghu de la Compagnie d'Opéra de Pékin de Pékin. Spécialisé dans les styles Yang et Xun, il interprète un large répertoire de l’Opéra de Pékin.

 

Hanqin Guo – Yueqin

Formée dans la tradition de l’Académie d’Opéra de Pékin, elle a suivi un enseignement spécialisé du yueqin pendant trois ans. Multi-instrumentiste, elle possède une solide compréhension de l’accompagnement et du style musical de l’opéra chinois.

 

Zizhou Wang – Guzheng

Diplômée du Conservatoire de musique de Wuhan, elle cumule plus de vingt ans d’expérience en interprétation et en enseignement du guzheng. Installée à Montréal, elle participe régulièrement à des événements culturels et à des échanges artistiques internationaux.

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